Assemblée Populaire Générale à Kerbiquet en Ploudaniel (CR)

30 Nov
Assemblée Générale Populaire à Kerbiquet en Ploudaniel

Assemblée Générale Populaire à Kerbiquet en Ploudaniel

Le lieu à la campagne est assez surprenant, Laurent ayant de plus très bien fait les choses pour nous indiquer l’entrée du hangar où se déroule l’assemblée générale populaire.
L’endroit est quelque peu difficile à trouver la première fois aussi les participant-e-s n’arrivent pas tout-e-s en même temps.
Des petites conversations informelles jaillissent entre les premiers arrivé-e-s, Clothilde Daniel, Laurent, Olivier et Sarah.
Il est question de:
la violence faite aux femmes, aux humains, aux enfants… qui est horrible dans tous les cas,
du film en cours de préparation auquel Clothilde participe, avec Malorie, où elles voudraient ajouter des interviews micro-trottoirs.
de faire des portraits d’Indigné-e-s pour mettre en ligne, un recueil de témoignages, pour faire savoir à la personne favorisée et à celle abandonnée par la société que l’indignation peut les rapprocher.
Important de faire circuler l’information, d’expliquer aux gens peu politisés, pour cela une idée, faire des portraits d’indigné-e-s sur une feuille blanche et y mettre une phrase. En faisant attention que cela ne devienne pas un slogan réducteur,
d’aller dans les quartiers, les pauvres comme les riches, faire connaître le mouvement.
Alain nous rejoint,
du fait que nous soyons à la campagne et qu’il faille un moyen de locomotion automobile pour s’y déplacer, nous nous posons la question des moyens qu’il faut avoir pour s’indigner. L’indignation est-elle d’ailleurs uniquement le fait des pauvres ?
Qu’est-ce qui fait que les gens ne s’indignent pas? les raisons sont sous leurs yeux !!!
Est-ce une volonté de ne pas voir ?
L’effet de détournement de l’attention par le flot continu d’information délivré par les mass médias ?
Sarah parle d’utilisation de procédés comme la saturation des couleurs dans les photos des journaux, ce qui équivaut à crier, ou à monter le son pendant les publicités. Par exemple, les miss France sont éclatantes à côté de nous qui sommes rendus un peu gris dans un journal gratuit ayant fait un article sur les Indigné-e-s brestois-es. Article par ailleurs très bien pour ce qui est du texte.
Les façons de s’informer de chacun-e sont très diverses, ceci étant du en partie aux capacités informaticiennes différentes, on peut aimer seulement les vidéos ou le texte, ou marier les deux. Le résultat en est très différent, rapidité du survol de l’information par la vidéo, profondeur de la prise de connaissance par l’écrit.
Difficulté d’aller se faire soigner parce que mis au banc de la société, cela se traduisant par la stigmatisation des gens tombés à la CMU.
Un phénomène de récupération du mouvement par des sectes, des partis politiques autodéclarés « représentants des Indigné-e-s », des religions, des mouvements fascisants et antisémites, des escrocs essayant de se faire de l’argent… est inquiétant et il faut que tout le monde soit informé.

Les participants arrivent: Caro, Yuti qui viennent nous rencontrer pour la coordination bretonne, puis Régis, Jean-Christophe Anthony et Julie nous rejoignent

Commence une présentation de chacun-e, les parcours sont longs pour les plus agé-e-s qui ont été amené-e-s par des chemins différents à la même indignation, plus court et tout aussi fort pour les plus jeunes très motivés.
Des discussions informelles repartent par petits groupes, comme l’évocation des toilettes sèches et de leur collecte. Idée qui fait en effet son chemin, pour casser le cycle des produits chimiques que contiennent nos « déjections » (oui ce n’est pas toujours « glamour » l’écologie) et éviter ainsi la multiplication de ces produits chimiques dans l’eau que nous buvons et l’impossibilité de traiter certaines de ces molécules (contraceptif faisant changer de sexe au poissons phtalate etc…) Il est dit aussi que cela permettra un meilleur contrôle citoyen de nos systèmes de retraitement mutualisés dédouanant le privé de tout effort notable.
Les constats et les idées fusent, la réunion est productive.
Pour le premier à se présenter, Il est important de créer et de conserver du lien entre les gens, il faut lutter contre l’injustice. Il est vite rejoint par la deuxième à s’exprimer, qui lui coupe la parole avec enthousiasme en disant qu’il n’y a rien a ajouter, qu’effectivement la politique actuelle cache la réalité avec de jolies images.
Pour un autre c’est sa première mise en pratique d’une indignation active dans un mouvement qu’il sait global, d’autant plus qu’il a une double culture, brésilienne et française.
Sa voisine elle est descendue sur la place à Rennes en mai, quand le mouvement est apparue en France à la suite de l’Espagne. Elle annonce un rassemblement les 13 et 14 janvier 2012 à Trémergat. Elle même voyage d’assemblée en assemblée, réunissant des éléments visuels, sonores et textuels en vue d’un reportage sur le mouvement social en Bretagne à travers les Indigné-e-s et les nouvelles formes de consommations, celles dont les circuits courts évitent l’hyperdistribution.
Ce qui a frappé ces deux personnes qui se déplacent de ville en ville c’est la diversité des assemblées. Les ages, les provenances sociales et les capacités dans tel ou tel domaine, très différents d’un endroit à l’autre, produisent des formes différentes d’indignation active. A travers la Bretagne on voit que l’attrait pour le mouvement est là et s’amplifie, même si la couverture médiatique est absente. Raison de plus pour que nous soyons nos propres médias.
La parole suivante pose le problème de la difficulté pour trouver des moyens d’action. Que se passera t’il si un conflit social violent apparait ,si l’économie mondiale en vient à exploser sous les coups de la minorité, les 1%, qui s’en prend à elle? Si des gens en sont déjà à stocker du sucre et de l’huile, l’indignation ne doit elle pas devenir aussi une vigilance qui permette de déceler la catastrophe avant qu’elle n’arrive?
Une forme d’action est proposée, si les partis politiques ne sont pas capables de faire quelque chose, allons devant les permanences des députés pour leur demander des comptes, être là physiquement pour leur rappeler leur promesses d’élu-e-s. Aussi bien il suffira de l’annoncer pour qu’ils réagissent et se bougent.
Autre indignation: « Le mouvement est tout d’abord parti du soutien aux révolutions arabes et espagnoles et l’indignation est devenue personnelle, le mouvement français naquit ainsi. Il est également évoqué que le « filet de sécurité » du système d’économie par « répartition » français bride peut-être l’élargissement significatif du mouvement français, cela en plus de la tradition syndicaliste plus « formelle » de ce pays. Toutes ces raisons venant s’ajouter à d’autres indignations qu’ont pu ressentir et transmettre les proches, les parents en l’occurence.
La personne , élue de parti minoritaire dans la circonscription de Brest , qui porte cette dernière indignation parle de la crédibilité « d’être » nouvelle élue si on n’a pas les réseaux, et d’être ainsi, un tant soit peu écoutée par le sérail des élus professionnels déjà en place depuis de nombreuses années. Tout comme celle qui l’a précédée, elle appuie sur l’Intérêt du mouvement des indigné-e-s qui pourrait devenir un garde fou en cas d’explosion sociale.
Elle propose de faire du porte à porte dans les quartiers pour y présenter le mouvement, et d’ensuite y organiser des réunions afin de faire se rencontrer les gens.
L’indignation peut venir de loin. Une lutte étudiante qui se présente et c’est l’occasion de s’exprimer. Tout aussi naturel: se retrouver ensuite dans les luttes de chômeurs et précaires à la sortie de l’université. Et continuer en travaillant auprès des gens du voyage, l’indignation ayant encore monté d’un cran lors de la récupération du fait divers de Saint Agnan, puis du discours de Grenoble, la stigmatisation de cette partie des êtres humains par tant de gouvernements.
Pour finalement découvrir que le mouvement des Indigné-e-s fait de l’éducation populaire dont l’action devrait prendre des formes ludiques.
Une personne ne connaissait pas l’indignation car ayant vécue toute son enfance dans « un petit bled », bien à l’abri de l’hyperconsommation elle n’a connue le « monde consumériste » qu’a son arrivé à Brest city pour ses études.
Une autre ayant connu le mouvement à partir de Madrid par les réseaux sociaux, dit que celui ci rejoint ses idées. Elle fait part de son sentiment que l’éducation officielle est un des leviers des dominateurs, mais que l’éducation populaire donnée par ses parents, qui participaient beaucoup au mouvement de 68, a bien contrebalancer dans son cas.
Toujours dans le domaine éducatif, constat qu’il est impossible de travailler à l’usine en même temps que de suivre des études. Et dans le monde du travail, harcèlement pour ceux qui s’impliquent dans la lutte sociale, allant jusqu’au licenciement.
Plusieurs débats ont lieu sur un mode trop rapide et déstructuré, difficile de prendre des notes, un vrai plaisir :-)
Le système est piloté par des organismes non élus, comme les préfets nommés par l’exécutif en place qui décide unilatéralement des choix énergétiques de notre ville, ou les FMI, BCE et consorts.
Des problèmes d’analyse de l’information, car bombardement des cerveaux par des gens très bien organisés depuis longtemps.De la tendance à la facilité à laquelle nous citoyen-nes sommes confronté-e-s par l’omniprésence du média vidéo et le recul du livre et des journaux.
Ce ne sont pas les gens au pouvoir qu’il faut virer mais le système qu’il faut dénoncer.
Les Infiltrations par les habituels courants sont mises en avant et il y a de nombreux dossiers nous dit l’un d’entre nous.
Les cas sont nombreux: zeitgeist, des partis qui s’autodéclarent représentants des Indigné-e-s dont un vend un livre qui soit disant serait « Le manifeste des Indigné-e-s », le cas de Marseille, avec le parti humaniste issu du mouvement des humanistes (secte d’origine sud américaine agée d’une quarantaine d’années proliférant sur le terreau fertile de la crise économique et de la précarité grandissante)… le cas de Nantes ou un individu s’autoproclame également candidat des/pour les indigné-e-s Barcelone, France…
Nous assistons donc à un phénomène de récupération du mouvement par des sectes, des partis politiques autodéclarés « représentants des Indigné-e-s », des religions, des mouvements fascisants et antisémites, des escrocs essayant de se faire de l’argent… est inquiétant et il faut que tout le monde soit informé.
Il est proposé que Brest lors du week-end du 14/15 janvier à Trémergat fasse un atelier décryptage pour aller dans le sens de cette information.
Un auteur, Jean Baptiste Malet, Derrière les lignes du front… il veut bien nous rencontrer.
Dit: Faire des grandes actions en prévoyant d’autres plus petites intercalées, faire ces actions pour éduquer les gens jusqu’à ce qu’ils fonctionnent tous seuls.
Pour cela quelqu’un parle d’un auteur et de ses méthodes de désobéissance civile misent en pratique à San Francisco, qui pourrait être de bon conseil.
Fin de l’Assemblée et chacun-e se quitte content-e, échange de contacts et prévision de se revoir :-)

Daniel, Olivier.

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